Le 21 février dernier, Littoral AM lançait son programme test de radio numérique en DRM en Bretagne, avec le soutien de l'association DR. Après plusieurs mois de diffusion, elle dresse aujourd'hui le bilan de cette expérimentation.
Le 21 février dernier, Littoral AM bénéficiait d'une autorisation du CSA pour expérimenter la diffusion numérique en mode DRM (lire RadioActu du 25/01/2008). Situé à Saint-Gouéno, dans les Côtes d'Armor, l'émetteur de Littoral Média a diffusé ses programmes sur la fréquence 1593 kHz, avec une puissance de 14 kW RMS. Première station régionale privée à expérimenter le DRM en France, Littoral AM dresse aujourd'hui le bilan de ces quatre mois de diffusion. L'expérimentation a cessé le 30 juin dernier à minuit. Littoral AM a donc réalisé plusieurs mesures sur le terrain afin de déterminer les valeurs de champ, les conditions de réception et de décodage du signal DRM dans des environnements urbanisés.
Littoral AM rappelle que cette expérience avait pour objectif "de mesurer la qualité de réception du signal DRM tant en configuration mobile qu'en fixe". Elle remettra son étude au CSA afin de présenter sa vision de la réception du DRM. Les premiers éléments de cette mesure indiqueraient que "la diffusion en DRM dans la bande hectométrique permet une très bonne réception dans les zones rurales et peu urbanisées". Littoral AM a constaté que si le signal était "parfaitement décodé" aux alentours de St-Gouéno (à près de 130 km de l'émetteur), la réception en milieu urbain est, elle, très variable car liée à l'environnement radioélectrique et à la densité des constructions. Dans des villes comme Rennes, Quimper ou Morlaix, le niveau de bruit ne permet pas une acquisition correcte des données audio. Littoral AM indique que "le taux d'erreurs reste trop critique, malgré un niveau de champ acceptable".
Par ailleurs, Littoral AM rappelle que la puissance de l'émetteur de 14 kW est "insuffisant pour couvrir correctement les villes situées à la limite de la zone de service". Des tests avec une puissance de 25 kW en analogique ont montré que le signal était mieux reçu. C'est pourquoi "la question de la sensibilité des récepteurs et le soin apporté à la partie décodage de ces derniers seront déterminants dans le cadre de la réception du DRM en milieu urbain", explique Littoral AM. La station a également noté que, la nuit, l'émetteur allemand de Langenberg, qui partage la même fréquence, perturbait la réception du signal, notamment dans la partie Est de la Bretagne.
Ainsi, Littoral AM estime que cette étude "s'avère très utile" à l'heure où le numérique s'installe en France. Le rapport sera remis au CSA d'ici les prochains jours et sera également rendu public sur les sites de DR France et Littoral AM. L'expérimentation a été réalisée avec l'Association DR France et en partenariat technique avec la société Transradio AG qui a fourni les équipements de diffusion. La réalisation du circuit d'accord de l'antenne et de la cabine d'adaptation a été effectuée par la société APIC. Ainsi, à travers ce projet, Littoral AM entend "devenir un acteur majeur de la diffusion de la radio numérique en DRM dans l'Ouest de la France", ainsi que l'avait indiqué Frédéric Guyon (directeur technique) en février dernier.
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Par Magali Louvard
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