La question de la politique européenne en matière d'utilisation du spectre de fréquences et du dividende numérique dans les différents pays de l'Union fera l'objet d'un séminaire organisé par l'UER (l'Union Européenne de Radio Télévision) le 3 juin prochain à Genève.
"Pourquoi les diffuseurs doivent prendre position" sera le thème de ce séminaire organisé le 3 juin prochain à Genève par l'UER. Ce séminaire sera axé autour des aspects stratégiques de la nouvelle gestion du spectre hertzien et de son environnement. L'objectif est de sensibiliser les dirigeants et opérateurs sur les options possibles et de préparer un dialogue avec leurs gouvernements respectifs. Ce séminaire évoquera la question du principe de neutralité technologique ainsi que les conséquences d'une gestion du spectre UHF par le marché et son impact sur la radiodiffusion numérique terrestre. Un rapport réalisé en février dernier à la demande des diffuseurs de l'UER par les cabinets Oliver & Ohlbaum Associates Ltd et DotEcon Ltd, évoque notamment la question du dividende numérique, au coeur d'une bataille entre les opérateurs de radio et les acteurs du secteur télécoms. Conséquence de la libération de certaines bandes de fréquences avec l'arrêt de la diffusion analogique, ces ressources de la bande UHF pourraient être consacrées en partie à d'autres applications, telles que l'Internet mobile haut débit. "Il faudrait faire preuve d'une grande prudence pour déterminer quels mécanismes de marché utiliser et comment ils pourraient être appliqués dans différentes parties de la bande UHF; la meilleure approche différera également selon les pays", estime ce rapport.
"Il existe des raisons économiques solides pour lesquelles un marché des fréquences UHF est probablement voué à l'échec et risque d'affecter à la radiodiffusion hertzienne trop peu de fréquenles au regard de son importance pour la société", ajoute le rapport, précisant que "la radiodiffusion terrestre comporte en effet une forte valeur publique ajoutée qui ne serait pas prise en compte si la radiodiffusion était en concurrence avec d'autres services pour l'accès au spectre, et que d'autres plateformes de diffusion ne pourraient pas fournir". Selon ce rapport, "la situation dans chaque pays européen est très différente, ce qui limite considérablement la possibilité d'une approche paneuropéenne en matière de gestion du spectre dans la bande UHF". Parmi les recommandations, ce rapport estime que "les différents marchés nationaux ont besoin d'une masse critique de radiodiffusion numérique terrestre pour assurer l'existence d'un marché de la radiodiffusion pleinement fonctionnel, dynamique et universel". Il a également estimé que "les services de téléphonie mobile et de haut débit, s'ils étaient développés dans la bande UHF, causeraient d'importants brouillages pour la réception de la télévision numérique terrestre". Cette étude a été commandée par les radiodiffuseurs réunis au sein de l'UER. La France est représentée par le GRF qui regroupe Canal+, Europe 1, France Télévisions, Lagardère Active, RFI, Radio France et TF1. Le formulaire d'inscription à ce séminaire est disponible sur le site Internet de l'UER (www.ebu.ch).
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Par Thibault Leroi
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