Jean-Pierre Elkabbach, président d'Europe 1, et Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active, ont été convoqués par le CSA, après l'annonce erronée du décès de Pascal Sevran le 21 avril dernier.
Le mea-culpa de Jean-Pierre Elkabbach n'aura donc pas été suffisant. Lors de son assemblée plénière de ce mardi 29 avril, le CSA a en effet décidé de convoquer le président d'Europe 1 après l'annonce erronée du décès de Pascal Sevran le 21 avril dernier. Jean-Pierre Elkabbach avait, dans un premier temps, déclaré qu'il "assumait personnellement une erreur collective", provoquant la colère de la Société des Rédacteurs d'Europe 1. Sous la pression de sa rédaction, Jean-Pierre Elkabbach avait dû reconnaître l'entière responsabilité de cette erreur. Le lendemain, Benoît Duquesne, directeur de l'information d'Europe 1, était interrogé en direct par Jean-Marc Morandini sur Europe 1. Il avait alors formulé de vagues excuses en se gardant de mettre en cause Jean-Pierre Elkabbach. Jean-Marc Morandini lui-même avait évité d'impliquer son propre patron. Difficile d'être à la fois juge et partie...
La veille, l'annonce erronée du décès de Pascal Sevran avait été reprise sur France 2 par Laurent Ruquier, suivi quelques minutes plus tard par Jean-Marc Morandini, érigé en spécialiste du PAF sur Direct 8. Ce dernier s'était ensuite défaussé de sa responsabilité en expliquant dans le quotidien Le Parisien que l'annonce de ce décès par Europe 1 et France 2 était suffisante pour que "cela devienne une information". Une façon un peu cavalière de se dédouaner de ses propres responsabilités éditoriales. Mais le CSA entend bien mettre France 2 et Direct 8 face à leurs responsabilités et a décidé de leur adresser une lettre de mise en demeure. Se déclarant "très préoccupé" par ce dysfonctionnement, il a également décidé de convoquer Jean-Pierre Elkabbach et Didier Quillot, président du directoire de Lagardère Active, le 6 mai prochain dans la matinée. Ils seront entendus par l'ensemble des conseillers du CSA et par Michel Boyon, président du CSA.
On ne peut que saluer la décision légitime et salutaire du CSA. Reste à espérer que ce que certains appellent hypocritement un "bug médiatique" serve à ralentir l'emballement de la machine médiatique observée ces derniers mois. Certains ont érigé cette frénésie en véritable système, glanant des informations sur Internet, les relayant et les amplifiant jusqu'à l'écoeurement, montant en épingle de façon sensationnaliste des informations insignifiantes, parfois sans fondement, dans le seul but de faire grimper l'audience et de créer du "buz". Le tout au détriment de la rigueur journalistique la plus élémentaire. Car au-delà de l'annonce erronée du décès de Pascal Sevran, c'est toute la chaîne de l'information et la crédibilité d'une profession qui a été entachée par quelques apprentis-sorciers.
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Par Eléa Vidal
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