L'intersyndicale de Radio France a été reçue ce jeudi 20 mars par le Ministère de la Culture et de la Communication et a exprimé "les incertitudes sérieuses" concernant l'avenir de Radio France avec la suppression de la publicité sur les antennes publiques. De son côté, Jean-François Copé a déclaré que la commission qu'il préside n'était pas compétente concernant la radio.
La disparition de la publicité des antennes de Radio France représentera un manque à gagner d'environ 45 millions d'euros, sur un budget global d'environ 550 millions d'euros. Aujourd'hui, le financement des radios de service public est assuré à hauteur de 89% par la redevance audiovisuel. Depuis l'annonce du projet de supression de la publicité de la publicité sur France Télévisions et Radio France par Nicolas Sarkozy et la création de la Commission Copé chargée d'examiner les nouveaux modes de financement du service public de l'audiovisuel, la radio publique semble être la grande absente des préoccupations du gouvernement. C'est également l'inquiétude de l'intersyndicale (CFDT, CFTC, CGC, CGT, SNJ, SNFORT et Sud) de Radio France, qui a été reçue ce jeudi 20 mars par Christophe Tardieu, directeur adjoint du cabinet au Ministère de la Culture et de la Communication, Mathieu Galet, conseiller, et Nicolas Gaudemet pour la DDM. Cette rencontre s'est déroulée en présence de Martin Adjari, directeur général de Radio France.
Pour l'intersyndicale, l'objectif est "d'obtenir des garanties quant à la compensation financière liée à la suppression de la publicité sur les antennes de la télévision et de la radio publiques". Les représentants syndicaux ont ainsi demandé des assurances concernant "le respect du cahier des charges et des missions de Radio France, le maintien du périmètre, de tous les effectifs et de toutes les activités, en particulier la production en interne". Ils ont également réaffirmé "l'attachement des personnels de Radio France à la convention collective de l'audiovisuel public, à son unité et à son indépendance". Parallèlement, ils ont attiré l'attention du ministère sur la nécessité d'assurer le financement des nouveaux modes de diffusion multimédia et des projets de développement de l'entreprise, estimant que l'audiovisuel public souffre actuellement d'un sous-financement.
Par ailleurs, depuis 2006 Radio France est engagée dans un vaste chantier de réhabilitation de la Maison de la Radio qui s'achèvera en 2012. L'intersyndicale souligne que ce chantier "pèse lourdement sur le fonctionnement des services et la production, les niveaux des emplois et les salaires". Elle a demandé au cabinet du ministre "des garanties sur l'engagement de l'Etat relatives au financement des travaux". Dans la perspective de la suppression de la publicité, l'intersyndicale demande "la compensation intégrale évolutive et pérenne du financement de l'audiovisuel public, par l'augmentation de la redevance". Cette piste a été jusqu'à présent rejetée par la gouvernement. De son côté, Christophe Tardieu n'a pris aucun engagement, selon l'intersyndicale. "Je ne peux pas vous dire quel montant sera compensé, car le périmètre de la suppression n'est pas encore défini. On en parlera avec la commission Copé", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par l'intersyndicale. Il a également promis "une compensation euro par euro" et précisé que "le parrainage aurait vocation à être maintenu pour Radio France (...) ainsi que les campagnes pour les grandes causes et la publicité pour les produits culturels".
Selon le Ministère de la Communication, les décisions seront prises après les conclusions de la Commission Copé prévues fin mai, tandis qu'un pré-rapport sera rendu public le 15 avril. Selon l'intersyndicale, Christophe Tardieu a affirmé "qu'on ne pouvait pas imaginer de ne pas lier les deux dossiers, celui de France Télévisions et de Radio France". Une déclaration qui va à l'encontre de la position affichée par Jean-François Copé. Interrogé par 20 Minutes en février dernier sur la compétence de la Commission concernant le financement de la radio, ce dernier avait affirmé que la radio publique n'était "définitivement pas dans la feuille de route". Toutefois, Christophe Tardieu a expliqué que "les orientations qui seront prises en matière de compensation pour la télévision, seront calquées pour la radio". Le gouvernement envisage de tirer de nouvelles recettes de la taxation des opérateurs de téléphonie mobile, des fournisseurs d'accès à internet, des chaînes de télévision privées et de l'électronique grand public. A l'issue de cette rencontre, l'intersyndicale estiment que "les incertitudes sérieuses qui pèsent sur le financement et l'avenir de Radio France" n'ont pas été levées. "Le sort de Radio France est donc lié aux travaux de la commission Copé",a ajouté l'intersyndicale.
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Par Thibault Leroi
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