Positionnée sur un format thématique "dancefloor" depuis plusieurs mois, Fun Radio a demandé une adaptation des quotas de chansons francophones. Elle souhaite que ce dispositif soit adapté "à la réalité du besoin des artistes et des radios".
Instaurés le 1er janvier 1996 avec l'amendement Pelchat, les quotas de chansons francophones font régulièrement l'objet de critiques, notamment de la part de stations thématiques ou communautaires. A l'origine, la loi prévoyait la diffusion obligatoire de 40% d'artistes francophones, dont 20% de nouveaux talents. Déjà, en 1999, le CSA avait regretté "la rigidité de la loi au regard de la diversité croissante des formats". En 2000, cette loi avait été modifiée afin de permettre au CSA d'accorder des dérogations pour certains formats spécifiques et de moduler les quotas applicables à certaines stations. Aujourd'hui, c'est au tour de Fun Radio de demander une nouvelle adaptation des quotas applicables aux stations françaises. Positionnée sur un format "dancefloor", Fun Radio explique que de nombreux artistes qu'elle diffuse sur son antenne, tels que David Guetta, Bob Sinclar ou encore Justice seront à l'honneur le 8 mars lors de la prochaine cérémonie des Victoires de la Musique. A cette occasion, Fun Radio s'est prononcée pour "une exposition radio plus large pour les artistes français du son dancefloor". Elle ajoute que "une telle évolution n'est envisageable qu'à condition de réviser le barème relatif aux quotas de chansons d'expression française".
En contrepartie, Fun Radio s'est dite prête à prendre des engagements en matière de diffusion de productions locales, comme c'est déjà le cas dans plusieurs pays francophones, comme la Belgique ou le Canada. Selon Fun Radio, une telle mesure permettrait d'exposer davantage de nombreux talents français "qui ne sont aujourd'hui pas comptabilisés comme des quotas francophones", déplore la station. "L'explosion du numérique et le besoin d'accorder aux talents français du mouvement dancefloor une vraie place au sein de la diversité musicale justifient à eux seuls la nécessité d'adapter le dispositif réglementaire actuel à la réalité du besoin des artistes et des radios", a ajouté Fun Radio. L'inadaptation de la réglementation en vigueur à la réalité des musiques électroniques, dont la scène française est particulièrement riche et reconnue à travers le monde, est régulièrement dénoncée par les stations et associations. Ainsi, en mars 2007, l'association Technopol, qui oeuvre pour le développement de la culture électro, avait proposé l'instauration de "quotas découvertes visant à prendre en compte les productions électroniques (morceaux instrumentaux ou bien souvent chantés en Anglais mais produis par des artistes Français) toujours très largement sous-exposés mais pourtant plébiscités par un très vaste public".
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Par Thibault Leroi
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